Dimanche 6 janvier 2008
Par Sweetie
L'angoisse de l'assiette blanche
Le filet de sauce millimétré artistiquement lâché sur l'assiette blanche dans une évidente tentative de dripping par le chef qui, visiblement, aurait aimé être Pollock et qui, manifestement, a dû rater sa vocation, me donne envie de me jeter sur mon clavier pour le supplier de mettre fin à ce supplice. On ne joue pas avec la nourriture. Toi, le chef en vidéo que j'ai regardé l'autre jour faire un dessert afin de me remonter le moral, apprends ceci: on ne passe pas dix minutes à caraméliser, déglacer, touiller, détendre pour dire: "Voilà, une petite sauce qui ira bien avec l'assiette". Achetez des assiettes déjà décorées ! Ou mieux, changez de métier, devenez décorateur d'assiette. La chair ou l'abstraction, choisissez votre camp.
La langue ou les doigts
Comment expliquer la frustration qui m'envahit à la vue de la décoration potentiellement comestible et pleine de promesses (la sauce sur l'assiette) mais qui s'annonce impossible à récupérer avec les outils imparfaits (les couverts) mis à ma disposition ? J'essaye tout de même de spooner dans tous les sens en relevant légèrement l'assiette d'un côté, en la faisant tourner pas du tout discrètement: là, non seulement je suis repérée, mais je n'ai réussi qu'à tout étaler, c'est plus du Pollock, c'est du Bacon. Ok! J'ai perdu, ils ont gagné. Comment décrire alors l'envie irrépressible qui s'empare de moi, de me servir des seuls outils parfaits que je connaisse dans de telles circonstances extrêmes, les seuls qui ne me quittent jamais, ceux dont la nature, dans sa grande bonté, m'a avantageusement pourvue, et que la question cruciale qui s'impose alors à moi est : Bon, la langue ou les doigts? -T'es folle! Pas au restaurant! -Si! C'est de leur faute, ils avaient qu'à pas commencer!
Et voilà comment commencent les guerres!
Le filet de sauce millimétré artistiquement lâché sur l'assiette blanche dans une évidente tentative de dripping par le chef qui, visiblement, aurait aimé être Pollock et qui, manifestement, a dû rater sa vocation, me donne envie de me jeter sur mon clavier pour le supplier de mettre fin à ce supplice. On ne joue pas avec la nourriture. Toi, le chef en vidéo que j'ai regardé l'autre jour faire un dessert afin de me remonter le moral, apprends ceci: on ne passe pas dix minutes à caraméliser, déglacer, touiller, détendre pour dire: "Voilà, une petite sauce qui ira bien avec l'assiette". Achetez des assiettes déjà décorées ! Ou mieux, changez de métier, devenez décorateur d'assiette. La chair ou l'abstraction, choisissez votre camp.
La langue ou les doigts
Comment expliquer la frustration qui m'envahit à la vue de la décoration potentiellement comestible et pleine de promesses (la sauce sur l'assiette) mais qui s'annonce impossible à récupérer avec les outils imparfaits (les couverts) mis à ma disposition ? J'essaye tout de même de spooner dans tous les sens en relevant légèrement l'assiette d'un côté, en la faisant tourner pas du tout discrètement: là, non seulement je suis repérée, mais je n'ai réussi qu'à tout étaler, c'est plus du Pollock, c'est du Bacon. Ok! J'ai perdu, ils ont gagné. Comment décrire alors l'envie irrépressible qui s'empare de moi, de me servir des seuls outils parfaits que je connaisse dans de telles circonstances extrêmes, les seuls qui ne me quittent jamais, ceux dont la nature, dans sa grande bonté, m'a avantageusement pourvue, et que la question cruciale qui s'impose alors à moi est : Bon, la langue ou les doigts? -T'es folle! Pas au restaurant! -Si! C'est de leur faute, ils avaient qu'à pas commencer!
Et voilà comment commencent les guerres!

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